Le massage shantala aide-t-il à renforcer l’immunité des bébés ?

Publié le : 16 janvier 202314 mins de lecture

Né en Inde et adopté par le Brésil, le massage shantala est une vraie pratique de médecine alternative pour bébé peut être pratiqué aussi bien par la mère que par le père, mais pendant les premiers mois de la vie, il est important que la mère le fasse plus souvent. En effet, outre la relaxation, l’intention de shantala est de faciliter le premier lien mère-enfant, fondamental pour le développement psychique de l’enfant. C’est ce que défend la spécialiste, une psychologue de l’université, psychothérapeute, maître en psychologie clinique de l’université catholique pontificale, professeur à l’Institut brésilien de psychologie biodynamique, elle travaille depuis trois décennies dans la promotion de la santé pendant la grossesse, la naissance et le post-partum, ainsi que dans l’enseignement de shantala aux mères et aux professionnels de la santé et de l’éducation. Elle explique à quel moment les bébés peuvent commencer à recevoir des massages, les précautions que maman et papa doivent prendre pour les appliquer et leur importance pour le développement immunitaire et émotionnel de l’enfant.

A quelle fréquence faire ce type de massage ?

La règle de base pour penser à la fréquence est le désir de masser. D’autre part, les bébés aiment la routine et en ont besoin. Ce serait, donc, très bien si cela se faisait tous les jours, mais seulement si vous le voulez tous les deux. Plus que la quantité, c’est la qualité du massage qui importe, c’est-à-dire qu’il doit se dérouler selon le désir de la mère et respecter les conditions du bébé. Il ne faut pas le faire lorsque l’enfant est irritable, a faim, vient de manger, a de la fièvre ou de la diarrhée. Par temps froid, utilisez un chauffage. Les familles qui n’ont pas de chauffage peuvent laisser la douche réchauffer la salle de bains, car l’enfant ne devrait pas ressentir de gêne. Pour ces conditions, il est si difficile de le faire au cours du premier mois de vie, lorsque les rythmes de la famille sont, encore, confus.

Est-ce que le bébé accepte facilement le massage ?

L’orientation est qu’il faut commencer dès l’âge d’un mois. Rien n’empêche de commencer plus tôt, si la mère le souhaite. Mais regarde, le nombril met 10 jours ou plus à tomber. Les rythmes quotidiens sont, encore, en cours d’adaptation. Un mois est, donc, une bonne étape pour commencer le massage. La fatigue ou l’anxiété de la mère dans les premiers mois de la vie du bébé justifie-t-elle la pratique du massage, même si elle bafoue la routine ? Il n’est logique de faire du shantala que si cela est agréable pour la mère et le bébé. Il ne s’agit pas d’une application technique, d’une obligation, mais d’un moment de rencontre entre la mère et son bébé, d’une connexion intime. C’est bien plus qu’une technique : c’est une façon de transmettre l’amour à travers les mains. Si une autre sensation prend le dessus sur la bonne, il est préférable d’éviter le massage à ce moment-là.

Outre la relaxation, quels autres avantages physiques le shantala offre-t-il au bébé ?

Les bébés qui sont massés tôt dans leur vie ont tendance à avoir un système immunitaire renforcé et un fonctionnement plus harmonieux du corps. Ils dorment mieux, se nourrissent mieux, ont moins de coliques, de constipation et de problèmes respiratoires. Il augmente, également, la production d’hormone de croissance et améliore le développement psychomoteur. On sait, aujourd’hui, que le massage provoque une augmentation du taux de cellules NK et de lymphocytes ; cellules décisives dans la défense de l’organisme, améliorant ainsi le système immunitaire. Mais le plus grand avantage pour le bébé est le lien d’amour qui se crée, le lien étroit qui s’établit entre lui et sa mère. L’établissement d’un lien étroit et positif semble être le grand parapluie qui protégera et donnera la force au bébé d’avoir un bon développement physique et psychologique, dans son parcours de vie.

Existe-t-il des études qui prouvent que le massage favorise les bénéfices psychiques ?

Une étude menée par la directrice d’une recherche tactile de l’université, a révélé que les bébés prématurés qui avaient reçu trois séances de massothérapie de 5 minutes, par jour, pendant 5 à 10 jours avaient pris 47 % de poids en plus que ceux dont le traitement suivait le schéma traditionnel. Cependant, cette étude n’a pas de titre scientifique car elle a été arrêtée. La différence entre les enfants était si grande que le travail devenait contraire à l’éthique. Il était évident que les bébés sans massage pouvaient en bénéficier s’ils en recevaient. Et c’est ce que cette directrice a fait, elle a commencé à masser tous les enfants et a mis fin aux recherches. Huit mois après leur sortie de l’hôpital, tous les bébés ont été suivis et les différences de développement ont persisté. Ceux qui ont commencé plus tôt à recevoir des massages ont continué à prendre du poids et à se développer mieux que les autres. Ils en ont conclu que le massage en début de vie fonctionne comme un vaccin, augmente l’immunité et a un effet préventif.

Pourquoi considérer le shantala comme plus positif par rapport aux autres formes de massage ?

La technique shantala comprend des manœuvres qui, grâce au langage des mains, facilitent le passage de l’utérus à la vie extérieure et permettent le lien entre la mère et son bébé. Le Shantala comprend des touchers fermes et enveloppants, qui permettent au bébé de sentir les limites de son corps. En percevant la température et la texture de la peau de l’autre, il prend conscience de l’endroit où il se trouve. Le rythme lent et régulier offre au bébé un sentiment de sécurité, on sait que pour comprendre le monde, les petits ont besoin de routine, de rythmes. Il développe ainsi une image de soi, ce qu’il pense être, très proche de ce qu’il est réellement, c’est-à-dire de son identité. Avoir l’image de soi liée à l’identité est très important pour le développement psychique. Un exemple opposé est l’anorexie, qui consiste à avoir une image de soi disloquée par rapport à l’identité réelle.

Un bébé qui a reçu du shantala dans les premiers mois de sa vie aura quelles caractéristiques stimulées ?

La vie d’une personne comporte de nombreux repères et ceux-ci se chevauchent de telle sorte qu’on ne peut pas prédire l’avenir d’un bébé, mais on peut peut-être parler de probabilités. Si, très tôt dans la vie, les bébés reçoivent des massages, dans le but de renforcer le lien, ils auront tendance à être des enfants plus indépendants, affectueux et aimants. Un médecin psychanalyste disait que l’on n’emmène personne là où l’on n’est jamais allé.

Quels traits de personnalité peuvent être corrélés à la pratique du massage en tant que bébé ?

L’histoire est stockée dans des schémas d’être, avec l’autre, d’une certaine manière. Ces souvenirs s’expriment à la fois dans le rapport au monde et dans les contractions et expansions que le corps effectue. C’est à travers le lien avec notre mère que nous commençons à voir le monde et tous les autres liens seront ancrés dans celui-là qui est le premier. Si le bébé a été massé, cet adulte marqué par une bonne connexion primitive peut, probablement, faire confiance à l’autre et établir des liens positifs dans sa vie affective, en amitié, en amour, au travail, etc.

Il existe des enfants qui ont fait des massages et tous les trois, maintenant adultes, ne tombent pratiquement pas malades. Ils utilisaient, toujours, l’homéopathie ou des remèdes naturels et les antibiotiques étaient rarement nécessaires. On constate une augmentation significative de l’immunité chez ceux qui ont reçu shantala, dans leur enfance. Les enfants massés dès les premiers mois de leur vie se sentent en sécurité et sont plus indépendants, ils se détachent et s’éloignent de leurs parents avec tranquillité, car ils sont sûrs de l’affection du lien. Ils deviennent des adultes indépendants et sûrs dans leurs relations.

Peut-on dire que c’est mieux pour le bébé si le massage est fait par la mère ?

Il est un fait que les pères sont de plus en plus présents, dans l’enfance de leurs enfants, mais il y a encore beaucoup de résistance et de confusion par rapport aux nouveaux rôles. On est dans une période de transition, les hommes ne se sont pas, encore, trouvés dans leurs nouveaux rôles sans pécher par manque ou par excès. Les parents peuvent masser leur bébé, ils y gagneront certainement, à condition de permettre à la mère de le faire plus souvent, au moins dans les premiers mois de vie. Le Shantala peut être pratiqué jusqu’à l’âge préscolaire et le père aura de nombreuses occasions de profiter du massage.

Dans d’autres pays, le shantala est transmis de mère en fille. Donc pour le bébé, shantala devrait idéalement être pratiqué par la figure maternelle ?

Quelques heures après la naissance, la femme se trouve dans une période dite sensible, dans laquelle la mère est très sensible et régressée. Le fait de garder la mère et l’enfant ensemble, peu après la naissance et pendant la période postnatale, déclenche et stimule des mécanismes sensoriels, hormonaux, physiologiques, immunologiques et comportementaux qui relient les parents au bébé. La mère touche, regarde dans les yeux, parle au bébé ; généralement sur un ton aigu, s’exprime par des mouvements, respecte son rythme, transmet par son lait des anticorps, exhale des odeurs reconnaissables par le bébé et transmet de la chaleur. Le bébé lui parle aussi, il établit un contact visuel, ses pleurs provoquent un changement physiologique chez la mère, stimulent la sécrétion d’hormones maternelles ; ocytocine, son toucher sur le sein provoque la production de prolactine. Après 3 ou 4 jours, il peut être reconnu à l’odeur, émet des réponses qui bougent en rythme avec le discours de ses parents. Les bébés naissent avec tous les sens prêts à être activés et c’est au cours des premiers jours de la vie que cette communication sensorielle s’établit. Il ne suffit pas de garder la mère et l’enfant proches, mais de leur fournir les conditions émotionnelles pour qu’ils puissent s’exprimer librement, de laisser cette communication se faire et de ne pas interférer, car la femme est très fragile et sensible. Le rôle fondamental du père, au début de la vie et pendant quelques mois, est d’offrir cet environnement accueillant pour que la mère puisse accueillir le bébé. C’est la mère qui doit faire le massage. Tant pour le bébé que pour la mère, cela facilite la différenciation entre eux, qui ont passé tant de temps en symbiose. En l’absence de la mère, le père ou la personne qui s’occupe du bébé peut et doit le masser.

Qu’en est-il pour la mère et le père qui massent leur enfant ? Quels avantages peuvent-ils vous procurer ?

Pour la mère, c’est un moment très important et elle bénéficiera de nombreux avantages. Le moment du massage peut être une possibilité de se rapprocher de son enfant, de mieux le connaître, mais aussi une occasion de se séparer de lui. Tous deux ont passé beaucoup de temps dans une relation symbiotique, l’un dans l’autre, et ont besoin de temps pour se reconnaître, l’un en dehors de l’autre. Le meilleur moyen d’y parvenir est le toucher, le massage et, pendant un bon moment, il faudra apprendre à se connaître et à se séparer. L’interaction précoce aide les parents à s’accorder plus rapidement avec l’individualité de leur enfant, à le percevoir comme une personne différenciée. La grande tâche de la mère pendant la puerpéralité est de se séparer de son enfant. Le père peut, également, profiter du moment du massage et peut renforcer son lien avec son enfant.

 

Plan du site